Lettre de D. Quentin à M. le Président de la République - 20 juillet 2009
Comme vous m’y avez aimablement invité lors de notre rencontre du samedi 11 juillet, je me permets d’appeler de nouveau votre attention sur le projet de terminal méthanier, présenté par la société néerlandaise 4 Gas, au Verdon-sur-Mer (33 123) sur la rive gauche de la Gironde, juste en face de Royan
Depuis plus de deux ans, je ne cesse d’en dénoncer les conséquences environnementales très dommageables pour l’estuaire de la Gironde, ainsi que pour son activité économique et touristique, et pour sa biodiversité. Je propose, au contraire, la création d’une « aire marine protégée » dans cet espace remarquable.
Des déclarations officielles rassurantes ont été faites, en particulier par le Ministre d’Etat, Jean-Louis BORLOO, le vendredi 20 juin 2009, lors de l’inauguration des locaux de la Ligue de Protection des Oiseaux à Rochefort-sur-Mer.
Néanmoins, je tiens à vous rappeler le point de vue des élus du Pays Royannais qui, en liaison avec le Conseil Général de la Charente-Maritime, présidé par Dominique BUSSEREAU, se sont prononcés à l’unanimité contre ce projet, en accord avec les associations et la population qui s’y opposent massivement. J’ajoute que Dominique BUSSEREAU vient de redire son hostilité à ce projet (Cf. article du journal « Sud-Ouest » du 4 juillet 2009, pièce-jointe n°1).
Il importe donc d’en finir le plus rapidement possible avec cette « épée de Damoclès » qui pèse sur notre littoral, d’autant plus que ce projet constitue un triple non-sens énergétique, économique et écologique.
- un non-sens énergétique d’abord, car la France est déjà en situation de surcapacité de stockage de gaz naturel liquéfié avec les installations existantes, dont certaines peuvent être doublées, comme à Montoir-de-Bretagne, et les équipements à venir, comme à Antifer et à Dunkerque.
- un non-sens économique aussi, car les initiateurs de ce projet font miroiter des retombées mirobolantes en termes d’emplois et de recettes fiscales pour les collectivités. Mais elles seraient dérisoires par rapport aux effets très négatifs pour les activités primaires et pour l’économie touristique, comme on a pu le constater dans des localités qui ont accueilli des installations classées SEVESO. Or, le tourisme (l’éco-tourisme) reste le premier gisement d’emplois et la principale source de richesses du pays royannais.
- un non-sens écologique enfin, tant les conséquences seraient négatives pour l’environnement et la biodiversité. Un tel terminal avec ses cuves gigantesques, ses torchères, ses méthaniers géants, provoquerait une pollution visuelle et paysagère majeure devant quelques-uns des sites les plus emblématiques de notre littoral, sans parler d’innombrables nuisances pour les cultures marines.
Voilà pourquoi je me félicite de l’installation récente à Rochefort-sur-Mer de la mission de préfiguration pour la création d’une « aire marine protégée », au nord de l’estuaire de la Gironde et dans les pertuis charentais, que je préconise avec insistance depuis l’automne 2007.
Je me permets néanmoins de faire appel à votre soutien sur ce dossier sensible, en particulier sur la convention de réservation des terrains entre le Grand Port Maritime de Bordeaux et la société 4Gas, qui touche à son terme, et sur laquelle l’Etat doit se prononcer d’ici le 4 août prochain, ainsi que sur les aspects réglementaires relatifs au dossier de demande d’autorisation d’exploiter un terminal qui avait été déclarée non-recevable par le Préfet de la Gironde, le 3 décembre 2008.
Avec par avance toute ma gratitude et restant à la disposition de votre Cabinet pour d’éventuels compléments d’information, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de ma très respectueuse considération.
Didier Quentin
P.J./2
Entretien de Dominique BUSSEREAU du 4 juillet 2009 avec le journal « Sud-Ouest »;
Ma question orale du 30 juin 2009 posée à Madame Valérie LETARD,
Secrétaire d’Etat chargée des technologies vertes et des négociations sur le climat, à propos du projet de terminal méthanier au Verdon et de la création d’une aire marine portégée au nord de l’estuaire de la Gironde.